L’intelligence artificielle bouleverse les pratiques académiques. Outil de réflexion ou raccourci vers la facilité, Chat GPT interroge les frontières entre aide pédagogique et plagiat. Les étudiants de l’Université Catholique de l’Ouest s’adaptent, naviguant entre interdictions et usages réfléchis.
« 86 % des étudiants de 16 pays, dont la France, utilisent l’intelligence artificielle dans le cadre de leurs études, dont plus de la moitié au moins une fois par semaine », nous apprend l’étude du Digital Education Council, publiée en août 2024. Depuis plusieurs mois, ce phénomène se vérifie également à l’Université Catholique de l’Ouest (UCO), de Niort. De nombreux étudiants intègrent Chat GPT et d’autres outils d’intelligence artificielle (IA) dans leur travail quotidien. Que ce soit pour générer des idées, structurer un plan, reformuler des textes ou même réaliser ses dossiers, l’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un réflexe. Mais alors, où est sa limite ?
Jusqu’où utiliser l’IA dans les études ?
« Si tu rends un dossier qui a été entièrement généré par Chat GPT, sans le modifier, c’est de la triche », confie Jules*, étudiant en licence Information et Communication. Pourtant, malgré cette limite qu’il connaît bien, il admet avoir déjà eu recours à l’IA pour rendre un dossier, « par manque de temps ». Utilisateur hebdomadaire, Jules reconnaît d’ailleurs que Chat GPT l’amène à « moins réfléchir » lorsqu’il s’en sert.
À l’instar de Jules, Jade*, étudiante en licence Science de l’Éducation, utilise Chat GPT de manière plus occasionnelle et le perçoit comme une « aide ». « Je lui ai demandé de reformuler mes questions de recherche pour mon mémoire. Même si je n’ai pas repris ce qu’il m’a dit, cela m’a énormément aidé », confie l’étudiante. Où se situe la limite entre assistance et tricherie ? Jade elle-même s’interroge : « Je ne sais pas si cette pratique est de la triche. »
« Pour l’instant, l’utilisation de l’IA confine au plagiat. »
Joël Langonné, maître de conférences en Information et Communication, observe avec prudence l’essor de l’intelligence artificielle dans l’éducation. « Pour l’instant, l’utilisation de l’IA confine au plagiat », estime-t-il. Selon lui, Chat GPT devient pertinent lorsqu’il a un « côté pédagogique et qu’il sert de support de travail ». À l’inverse, dès lors qu’il devient un substitut au travail, il perd tout intérêt.
Cette réserve se reflète dans sa propre pratique. Joël Langonné n’utilise pas encore l’IA dans ses cours. « Je ne vois pas ce que cela peut m’apporter », explique-t-il, mais il n’est pas fermé à l’idée de s’en servir un jour.
Face à cette évolution, l’université peine encore à s’adapter. « On va sans doute aller vers moins de dossiers écrits et plus de travaux sur table », anticipe Joël Langonné, soucieux de limiter les risques de tricherie.
*Les prénoms ont été modifiés.
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Sarah Gaubert


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